Organisez et conservez votre travail

Avec l’argentique, il va vous falloir un peu de rigueur et d’organisation afin de bien conserver et vous y retrouver facilement dans vos travaux photographiques, des négatifs aux tirages.

Pellicules

Conservation

J’ai eu dans mes collègues un ancien de chez kodak (coucou Michel), et ses recommandations étaient on ne peut plus simple. En attendant de les utiliser, le congélateur est votre meilleur ami, et une fois la pellicule exposée, si vous ne la développez pas tout de suite, retour au congélateur.

Mais pensez bien à sortir la pellicule du congélateur au minimum 3h avant l’utilisation ou le développement, personnellement je les sors la veille.

Exposée ou non?

Lorsque que je suis en « reportage », ça fait classe dit comme ça, bref, lorsque je pars faire des photos avec plusieurs pellicules, il faut que je m’y retrouve rapidement entre mes pellicules déjà exposées et les pellicules disponibles.

En général, lors que les pellicules sont exposées l’amorce est soit rentrée dans la cassette, soit plié. Pour assurer le coup, il suffit d’utiliser deux compartiments dans votre sac photos (ou deux poches du short, du manteau, de votre kilt peux importe).

Mais pour être sur de moi, je conserve les pellicules dans leurs petits emballages carton (sauf les portra 400 qui sont vendu par boite de 5…). Si le carton n’est pas déchiré, alors la pellicule est à exposer, facile!

Attention si vous voyagez en avion, avec les scanners actuel il vaut mieux demander une inspection manuelle. Il faut donc sortir les pellicules de la boite carton et toutes les mettre dans une pochette plastique. Dans ce cas, je pense que je prendrais avec un stylo indélébile avec moi et je noterai sur la cassette comme quoi la pellicule a été exposée.

Notez les ISO

Pour ceux qui n’utilise pas les pellicules à leur sensibilité norminal (la valeur ISO donnée par le constructeur), je vous conseille de noter la sensibilité ISO d’exposition sur la cassette (pas sur la boite carton ou plastique, le risque de mélange existe) afin de ne pas vous tromper au moment du développement.

Vos négatifs

Conservation

Une bonne conservation des négatifs commence par un bon développement, c’est à dire un bon fixage (on peut tester le fixateur avant utilisation, dans le doute il vaut mieux le changer) suivi d’un bon lavage (je fait 5min de lavage à l’eau avec agitation constante renouvellé 5 fois puis un dernier lavage à l’eau distillée plus un agent mouillant).

Une fois vos négatifs bien sec, j’insiste sur le bien sec (je les laisse sécher une nuit entière), découper les en bandes de 6 (pour le 35mm) et ranger les dans une pochette en pergamine.

Négatifs dans un feuillet en pergamine

Archivage

Pour retrouver facilement vos négatifs pour un tirage ou un scan, je vous conseille de numéroté vos pochette en pergamine et d’y noter ce que vous avez pris en photo, pour quel projet, etc… et de bien les ranger dans l’ordre dans un classeur.

Je vous conseille aussi de vous faire une feuille sommaire à mettre au début de chaque classeur avec un rappel de ce que vous avez pris en photo.

Mon classeur de négatifs, tous rangés dans des feuillet en pergamine

Les planches contactes

Je vous ai déjà expliquer pourquoi faire des planches contactes ici.

Certains mettent leur planches contactes dans leur classeur à coté des négatifs, je préfère les conserver dans une boite afin de pouvoir les sortir et les manipuler facilement pour l’éditing de projets ou au labo pour les tirages.

J’utilise les boites de papier photos vide pour conserver mes planchez contactes.

Les planches contactes, c’est la vie…

Les tirages de lectures

Je ranges mes tirages de lecture (donc des tirages de 13x18cm) dans une boite qui contient aussi mes photos souvenir.

Dans cette boite j’ai des intercalaires qui me permettent de séparer mes photos souvenir que je classe par ordre chronologique et mes projets.

Vous pouvez aussi garder les boites de papier photo vide afin de les réutiliser pour ranger vos tirage de lecture.

Ma boite de tirages souvenirs et de tirages de lectures

Les tirages finaux

Pour le moment, mes tirages finaux sont fait sur du papier 24x30cm que je range dans une boite eux aussi. Je classe mes tirages par projets afin de les retrouver plus facilement.

Ma boite pour les tirages en 24x30cm maximum

Les numérisations

Pour ceux qui font numériser ou numérise eux même leurs négatifs, ce que j’ai un peu fait au début, je vous conseille des les ranger dans un dossier nommé avec le numéro de la pellicule et numéroter chaque image avec son numéro sur le négatif. Vous retrouverez facilement le travail que vous cherchez via le sommaire dans votre/vos classeur(s) de négatifs.

Conclusion

La conservation de nos travaux est toujours un sujet délicat, que ce soit en argentique ou en numérique? Mais avec un peu d’organisation rien n’est impossible. Il faut juste prendre un peu de temps pour y réfléchir et ne pas commencer trop tard, pour ne pas être découragé par la montagne de travail à faire pour réarranger l’existant.

La mythique Kodak TriX 400

Alors que je faisais de la photographie avec mon numérique depuis quelques années, sans m’intéresser à la culture photo (pas bien…), j’ai découvert le travail de Sebastiao Salgado et son projet Genesis.

Je cherchais des exemples de photographes ayant fait de la photo de paysage en noir et blanc comme j’aimais le faire.

Je me suis empressé d’acheter le livre et en me renseignant un peu sur sa méthode j’ai appris qu’il utilisait la Kodak tri-X 400.

J’en parle avec un ami qui fait lui aussi de l’argentique (enfin qui s’y est remis grâce à moi) et me dit qu’il n’a utilisé que cette pellicule en noir et blanc, qu’elle a été utilisé par les plus grands photographes.

C’est décidé, je vais commencer l’argentique avec cette pellicule!

Présentation

  • Noir et blanc
  • fabriqué par Kodak
  • 400 iso
  • 36 poses
  • grain classique
  • lancée en 1957 (200 ISO à l’époque)
  • années 60, passage à 400 ISO
  • mise à jour en 2007
  • dynamique annoncée de 15EV

Si vous cherchez la fiche technique, elle est disponible ici.

Le mythe

La kodak TriX 400 c’est LA pellicule utilisée par les plus grands comme Sebastiao Salgado, Henri Cartier-Bresson, Garry Winogrand, Bruce Davidson, Bruce Gilden, Josef Koudeka, Vivian Maier ou encore Elliott Erwitt pour ne citer qu’eux (et la liste est loin d’être exhaustive…)

Tout le monde, du professionnel à l’amateur, vante son extrême souplesse d’utilisation. Avec sa souplesse et ses 400 ISO, la triX 400 était aussi bien utilisable en extérieur en plein soleil qu’à l’intérieur. Ce qui assurait à l’amateur la quasi-certitude d’avoir son image et en faisait une parfaite pellicule de reportage pour les professionnel. C’est pour cela que beaucoup ne jure que par elle.

Pour l’anecdote, Anton Corbijn aurait acheté 2500 pellicules de triX 400 alors que Kodak était proche de la faillite, qu’il stocka dans 3 frigo différents (un par étage de son studio).

L’histoire de la kodak TriX 400 est fortement lié au révélateur kodak D76, notamment en France grâce à ….

Jules Steinmetz

Comment parler de la Trix400 et du D76 sans parler de Jules Steinmetz.

Jules Steinmetz (par Michel Sfez)

Jules Steinmetz était un tireur du laboratoire français Publimod. Il a mis au point une méthode de développement qui nous a été rapporté par Jacques Zekkar sur le forum summilux.

Je n’ai pas encore testé cette méthode de développement, je le ferai peut être un jour si je reprend quelques TriX 400 ou quelques Ilford HP5+

Attention, je vous conseille tout de même si vous débutez de faire simple et d’appliquer les recommandation des fabricants. Lorsque vous serez à l’aise avec le développement, vous pourrez expérimenter si l’envie vous prend.

Mon avis sur la TriX 400

J’ai utilisé 6 pellicules TriX 400 (en 35mm) en combinaison avec le révélateur D76 de kodak.

Quelques exemples (reproduction au reflex numérique)

Le traitement à bien sur son rôle dans le rendu mais on peut noter un contraste assez marqué tout en conservant une belle palette de gris. Mes tirages papier sont en général fait avec un grade standard (entre 2 et 3).

Le grain classique est présent mais bien contenu, notamment grâce au D76 qui un révélateur à grain assez fin.

Sur ces quelques exemples on voit aussi que la TriX 400 gère bien les scènes très contrastées (comme la photo du pont de Manhattan) ou bien les contre-jour comme le coucher de soleil sur Pornic ou le contre jour en forêt. Les tirages sous agrandisseurs ont donc été assez simples avec peu de masquages.

Développez vous même vos pellicules!

Développer ses pellicules noir et blanc à la maison, pour peu que vous ayez un peu de matériel (et il en faut vraiment peu) c’est vraiment facile. C’est comme suivre une recette de cuisine basique.

La couleur est plus sensible au variations de température et nécessite de maintenir les produits autour d’une certaine température (en général 38°). C’est donc plus compliqué et je n’ai personnellement jamais essayé.

Nous parlerons donc ici que du développement noir et blanc et je vais vous expliquer les avantages de le faire vous même.

Le coût et la simplicité

C’est une raison principale, le développement est tellement simple et peu cher une fois équipé.

Le coût le plus important va être l’investissement dans le matériel de base, c’est à dire la cuve de développement, un thermomètre, 3 éprouvettes de chimiste. Vous pouvez bien entendu demander autour de vous ou trouver un club photo comme le mien qui met à disposition du matériel. Si vous souhaitez acheter vous pouvez vous tourner vers l’occasion. Malgré tout, les prix en neuf ne sont pas exorbitants.

Une cuve de marque Paterson deux spires se trouve neuve pour un peu moins de 30€.

Cuve Paterson deux spires

Il vous faudra ensuite acheter les produit chimique nécessaire au développement. Au final, le coût des produits chimique revient au maximum à 1€ par pellicule.

Si vous partez de zéro, Ilford et Paterson se sont associés afin de proposer un kit complet avec tout le nécessaire pour développer vos premières pellicules.

Kit Paterson/Ilford pour débuter le développement noir et blanc

La maitrise du procédé

On dit souvent que la photographie c’est une succession de choix, et le développement est aussi un moment ou le photographe peut aussi faire des choix fort. L’association d’un choix de pellicule avec un choix de révélateur donnera un style au images. pour simplifier, vous aurez le choix entre des révélateurs qui limite le grain ou des révélateurs favorisant le grain et apporte une sensation de netteté plus marquée (le Rodinal étant le révélateur le plus connu pour favoriser le grain est aussi une des plus vieille recette de révélateur).

Il existe une multitude de méthode de développement, comme la métode Jules Steinmetz ou encore le stand dev pour ne citer que les plus connues. Et pour les plus aventuriers, vous pouvez tenter l’expérience d’utiliser le cafénol qui est une recette à base de café. Personnellement je suis assez cartésien, je n’ai pas testé cette expérience et je reste au produits chimique plus classiques. (Et je vous conseil de maitriser le développement classique avant de vous lancer dans l’expérimentation).

En maitrisant lé développement, vous pourrez même faire des expériences et adapté votre développement en fonction des résultats précédents afin d’obtenir les meilleurs négatifs possible pour le scan ou le tirage.

Et il y a une certaine magie et un peu de fierté lorsque l’on ouvre la cuve et que l’on voit que les images sont bien présente sur le film.

Un autre avantage de maitriser le développement, c’est de limiter les risques de détérioration des pellicules. J’ai vécu cette mauvaise expérience de récupérer une pellicule après une développement par un labo et d’avoir la mauvaise expérience de voir que le film avait était abimé sur certaine vues.

Et il faut savoir que vous n’êtes pas obligé d’exposer la pellicule à sa sensibilité nominale, c’est ce que l’on appelle pousser ou retenir la pellicule. Et dans ces cas, on adapte le temps de développement. En ayant la main sur le procédé, vous êtes sûr de faire le bon développement.

La curiosité de l’histoire de la photo

Le film souple transparent est inventé en 1888 par l’Américain John Carbutt et commercialisé en 1889 par l’industriel américain George Eastman — le futur fondateur de Kodak — sous la forme de rouleaux de 70 mm de large.

Wikipedia

Le format 35 mm donnera la cartouche 135, un conditionnement commercialisé par Kodak à partir de 1934 permettant le chargement et la manipulation du rouleau en plein jour.

Wikipedia

Si on prend 1934 comme date de référence, cela fait plus de 85 ans que la photographie argentique existe. De part la jeunesse du numérique, on peut dire que la majorité des photos mythiques ont été faite en argentique.

Faire des photos argentiques et développer vous même vos pellicules c’est aussi un moyen de comprendre et de vous imprégner de l’histoire de la photographie.

Conclusion

J’espère vous avoir convaincu de vous lancer dans l’aventure du développement du noir et blanc.

Vous aurez ainsi la maitrise du rendu pour un coût réduit, et vous découvrirez un morceau de l’histoire de la photo.

Et si vous le faites à la maison, vous aurez le résultat bien plus vite qu’en passant par un labo.

Pourquoi faire de l’argentique noir et blanc?

La photo de la prise de vue au tirage

En choisissant la photographie argentique noir et blanc, vous faites le choix de pouvoir réaliser vos images de la prise de vue au tirage.

Vous pourrez apprendre et maitriser chaque étape de la réalisation de vos photographie.

La prise de vue

Pour la prise de vue, vous pourrez choisir le rendu en choisissant la pellicule que vous utiliserez. Les paysagistes ou photographe d’architecture pourront choisir une pellicule à grain fin afin d’avoir le maximum de détails par exemple. Ceux qui font de la photo de rue pourront choisir entre le grain traditionnel des pellicules mythiques dans l’histoire de la photo de rue (comme l’HP5 ou la TriX400) ou choisir leur équivalent moderne (les Delta 400 ou Tmax 400).

Vous choisirez la pellicule qui correspond à votre projet photographique.

Le développement

Cuve pour le développement

En effectuant cette étape vous même, vous pouvez une fois de plus jouer sur le rendu final de vos photos.

Il existe une multitude combinaison pellicule/révélateur ayant chacune leur rendu. Les amoureux du grain fin utiliseront un révélateur à grain fin avec une pellicule à faible ISO, les amoureux du grain pourront quand à eux utiliser un révélateur favorisant le grain comme le mythique Rodinal.

Il existe aussi de nombreuses méthodes de développement ayant chacune leur rendu. Je pense notamment à la méthode Jules Steinmetz ou le Stand Dev.

Si vous débutez, je vous conseille de choisir une pellicule, un révélateur et de suivre les indications constructeurs afin d’obtenir de bons résultats et surtout des résultats constants. Une fois maitrisé, vous pourrez jouer sur le temps de développement ou l’agitation afin d’adapter le développement à votre style photographique afin d’obtenir les négatifs qui vous faciliteront le travail sous agrandisseur.

Le tirage

C’est l’étape magique et qui donne se côté unique à la photographie argentique Noir et Blanc. C’est à cette étape que l’on voit apparaitre l’image sur la papier. C’est à cette étape que l’on peut ajuster et ré-équilibrer la lumière sur le tirage.

Et encore une fois, les choix que vous ferez à cette étape auront une grande influence sur votre photographie finale. C’est a cette étape que vous pourrez faire une photographie plus sombre, plus claire, plus ou moins contrastée, ect..

Exemple de retouche par un tireur professionnel

Se libérer des écrans et prendre le temps

Dans notre société actuelle, les écrans sont omniprésents. Les ordinateurs, les télévisions, les téléphones, les écrans publicitaires sont notre quotidien.

Le noir et blanc argentique vous permets de réaliser vos photographies de A à Z sans passer par l’intermédiaire d’un écran.

C’est, je trouve, un vrai repos pour nos yeux et notre cerveau. Ce qui fait de la photographie argentique un passe temps qui nous procure une réelle coupure.

C’est aussi une activité ou la patience est importante et ou il faut prendre le temps. Encore une fois, cela nous permet de sortir de notre société ou tout va extrêmement vite et de donner du temps pour souffler à notre cerveau.

C’est aussi une activité manuelle, et c’est toujours plaisant pour les personnes comme moi qui n’ont pas un travail manuel de réaliser quelque chose de nos mains.

Donner de la valeur à nos images

Avec la démocratisation de la photographie et son côté facile d’accès, tous le monde prend des photos. Beaucoup de photos…

Et toutes ces photos finissent sur un téléphone, ordinateur ou disque dur et finissent par être oublié.

En choisissant l’argentique, vous serez amené à faire des choix. A la prise de vue et même plus tard au tirage, car la photo argentique est une activité chronophage (mais c’est un passe-temps, donc ce n’est pas un problème). Ces choix seront parfois dur, mais vous les aimerais car ce seront les vôtre. Vous aurez donc moins de photos à montrer (ce qui n’est pas plus mal, les diaporama de 500 photos de voyage c’est long…), mais elles auront plus de valeurs pour vous.

Si comme moi vous vendez vos photographies, j’aime l’idée que chaque tirage est unique, même si il vient du même négatif que le tirage précédent. La méthode de tirage de par sa nature donne au tirage son unicité, la ou les imprimantes reproduisent le fichier numérique à l’identique, impression après impression.

Le partage

Je tire toutes mes photos sur du papier 13x18cm, quels soient issu mon travail pro, d’auteur ou mes photos persos. Et je les mets toutes dans une boite qui est très facile à sortir pour partager avec les gens qui veulent parler photo ou mes proches. Et les échanges sont favorisés par la circulation des images papiers, les gens sont « actifs » en opposition aux diaporama sur écran ou les gens sont spectateurs et donc passif la plupart du temps.

Ma boite photo avec mes tirages 13x18cm.

La sauvegarde

Vous n’êtes pas sans savoir que le stockage est une question épineuse en informatique. Le risque de perte est réel et il faut faire attention à ses sauvegardes. Sans compter que les formats actuels ne seront peut être plus lisible dans 30ans, ça personne ne le sait.

Avec l’argentique, nos photos sont sur papier, nous pourrons toujours les lire. Pareil pour nos négatifs, bien conservé il seront toujours la dans 50ans et vous pourrez en faire de nouveaux tirages.

Pensez à ce que vous voulez laisser à vos proches, vos descendants. A notre plaisir de trouver des images papier de nos arrières grand parents ou encore plus loin dans la passé.

Pensez vous que vos descendant iront fouiller dans vos disques durs pour trier vos photos?

Conclusion

Je vous ai expliqué pourquoi j’apprécie l’argentique noir et blanc, vous n’êtes pas obligé d’être d’accord avec moi.

Mais si vous en avez la possibilité, essayer l’argentique. Ce sera toujours une bonne expérience.

Et si j’avais un conseil à donner pour ceux qui font du numérique ce serait celui-ci : imprimer vos photos, même en petit (13x18cm c’est un format sympa). Une photo n’est pas la même sur papier que sur écran.

Choisir sa pellicule

Le choix de la pellicule est une étape importante dans la pratique de la photo argentique. Chaque pellicule a un rendu qui lui est propre et peut donc servir votre projet. Et je ne parle pas uniquement de couleurs ou noir et blanc, d’une pellicule à l’autre le rendu des couleurs ou de la gamme de gris sera différente pour un même sujet.

Nous allons voir comment faire son choix.

Dur de faire son choix…

Couleurs ou noir et blanc

Faire de la photographie c’est avant tout faire une succession de choix.

Faire de l’argentique, c’est choisir avant de prendre vos photos si vous voulez travailler en couleurs ou en noir et blanc. Et là c’est la sensibilité de chacun qui rentre en jeu.

A noter que si vous voulez développer vos pellicules vous même, pour des raisons de budget ou de maitrise du procédé, le noir et blanc est plus facile a développer chez soi.

J’ai personnellement fait le choix du noir et blanc pour mon travail personnel. je vous expliquerai ce choix dans le prochain article.

Négatif ou diapositive

Si vous souhaitez faire de la couleur, vous avez le choix entre une pellicule négative ou diapositive.

Il faut savoir qu’une pellicule négative pardonne les erreurs d’expositions (surtout dans les hautes lumières) alors que la diapositive doit être parfaitement exposée.

Si l’on ajoute à ça le prix plus élevé pour les diapositives, mon conseil sera de débuter avec des films négatifs et vous essayerez la diapositive lorsque vous serez à l’aise pour exposer vos photos.

Car oui, si l’on met de côté le rendu de chaque pellicule, négatif ou diapositive, il y a une chose qui rend magique la diapositive. C’est la projection.

Si vous avez la chance d’avoir à disposition un projecteur, voir ses images projeté sur un écran blanc d’1m50 (ou plus) a quelque chose magique. C’est la bonne raison pour faire de la diapositive.

Sensibilité ISO

Pour commencer, qu’es ce que les ISO?

En photographie, la sensibilité ISO est la mesure de la sensibilité à la lumière des pellicules (et des capteurs numériques). Elle est une donnée essentielle à la détermination d’une exposition correcte.

Wikipedia

Et oui, pour bien exposer une photo, on peut jouer sur 3 paramètres (le triangle d’exposition): La vitesse, l’ouverture et les ISO. Je ne vais pas vous expliquer l’exposition ici, des milliers d’articles et de vidéos existent déjà sur le sujet.

Ce qu’il faut retenir c’est que plus le chiffre ISO est haut, plus la pellicule est sensible à la lumière. C’est la taille des grains d’argent qui influencent cette sensibilité, plus ils sont gros, plus ils sont sensible à la lumière.

Les valeurs ISO les plus courantes sont :

100 ISO : une grande finesse de grain, très bien adapté pour le portrait, le paysage avec l’utilisation d’un trepied ou les scènes en plein soleil l’été.

400 ISO: le parfait compromis entre la finesse du grain moyenne et une sensibilité passe partout. C’est la sensibilité utilisé par la majorité des grands photo-reporters ou photographe humaniste.

3200 ISO: si vous faites des photos de nuit ou si vous recherchez un grain marqué dans le rendu de vos photos.

Le nombre de poses

Dernier petit détail, le nombre de pose que vous offre la pellicule. C’est le nombre de photos possible. La grande majorité des pellicules sont en 36 poses aujourd’hui, bien que l’on trouve encore quelques 24 poses.

La gamme

Il existe différente gammes de pellicules, que ce soit en couleurs ou en noir et blanc. Exception faite pour les diapositives qui sont toutes du haut de gamme.

Le prix est très souvent un bon moyen de définir la gamme de la pellicule. La limite de 5€ est un bon moyen de déterminer la gamme d’une pellicule. Sous les 5€ on est sur de l’entrée de gamme, au dessus sur la gamme haute ou pro.

Les différences entre les gammes va se voir surtout sur la taille du grain (il est moins présent sur du haut de gamme), une meilleure tolérance sur l’exposition (les ombres bouchent moins vite et les hautes lumières sont mieux conservées sur les pellicule haut de gamme et sur le rendu des couleurs (les pellicules couleurs haut de gamme ont un rendu plus fidèle à la réalité, donc si le rendu d’une entrée de gamme vous convient n’en changez pas). Les pellicules d’entrée de gamme ont aussi une tendance à tuiler (elle ne reste pas parfaitement plane), peuvent avoir un support plus fin et peuvent être plus sensible au rayures.

Le format

Comme mentionné dans l’article sur choisir son appareil, les pellicules se présentent majoritairement sous deux formats, le 35mm (ou 135) et le 120.

Le 35mm est le format courant, il donne des négatifs de 24mm x 35mm. (ou 24mmx65mm pour l’appareil panoramique hasseblad xpan). Le 35mm était le format des appareils grand public et le format utilisé par les reporter.

Les appareils professionnels dit « moyen format » utilisent quand à eux des pellicules 120. Ces appareils donnent des négatifs de 6×4,5cm (4 fois plus de surface pour le négatif), 6x6cm, 7x6cm voir 9x6cm. Certain appareil panoramique vont même jusqu’au 6x17cm.

Les formats de pellicule argentique

Mon conseil

Que vous choisissiez la couleur ou le noir et blanc, je vous conseil pour débuter une pellicule 400 ISO. Elle vous permettra de faire face à la grande majorité des situations.

Si vous choisissez le noir et blanc, et que vous voulez développer vous même vos pellicule, mon meilleur conseil sera de choisir une pellicule, un révélateur et garder le afin de bien maitriser ce couple.

En couleurs, mon choix se porte sur la Kodak Portra 400.

La portra 400, une référence 400 ISO couleurs

Pour le noir et blanc, je vous conseille la HP5 plus si vous souhaitez une grain traditionel.

L’Ilford HP5 plus, une valeur sûre et polyvalente pour le Noir et blanc

Ou la TMax 400 de chez Kodak si vous voulez une grain plus fin.

La Kodak TMax 400 pour un grain fin et 400ISO

Choisir son premier appareil argentique

Bien que certaines marques fabriquent encore des appareils argentiques, c’est du côté de l’occasion que l’on va se tourner pour notre premier appareil. On va faire un tour des possibilités afin de faire le bon choix pour commencer.

Le format

Le format le plus répandu est le 35mm (ou 135), c’est le format standard de l’argentique. La fameuse pellicule perforée que vos parents ont surement utilisé si ils ont fait de la photographie. C’est aussi ce format que l’on trouve dans les appareils jetable. Ce format vous donne des négatifs faisant 35mm x 24mm et il vous permet de prendre 36 photos (36 poses) sur une pellicule bien que l’on trouve encore des 24 poses.

Il existe une multitude d’autres formats en photographie argentique, et le marché de l’occasion offre la possibilité d’acheter des appareils professionnels dit « moyen format » qui permettent d’obtenir des négatifs bien plus grand (4,5x6cm, 6x6cm, 6x7cm, 6x9cm et même jusqu’au 6x17cm), les pellicules utilisés sont alors des pellicules 120.

On peut aussi citer les chambres photographiques dont les formats peuvent aller jusqu’au 40x50cm. Mais c’est beaucoup moins facile à transporter.

Les formats de négatifs

Pour débuter je vous conseil le 35mm, qui offre la possibilité de faire plus de photos par pellicule et qui sont facilement trouvable pour un petit budget. Ces appareils sont aussi beaucoup plus maniable et moins lourd que les moyens format, donc on le prend plus facilement sur soi et le meilleur appareil du monde est celui que l’on a sur soi.

Quel 35mm choisir

Point and shoot

Ces appareils sont les plus simples à utiliser, vous visez, vous déclenchez et vous avez votre photo.

Il en existe avec des objectifs fixes ou bien des objectifs zooms.

Appareil point and shoot

Reflex

Le reflex est l’appareil photo classique, vous voyez dans le viseur ce que vous aurez sur votre photo. Il offrent la possibilité de changer d’objectif pour adapter votre cadre au sujet. Il sont en général moins cher que les point and shoot ou les télémétriques.

Reflex mécanique, aucun risque de panne de batterie

Télémétrique

La visée télémétrique est née dans les usines de la célèbre marque Leica. La visée est indirecte, vous voyez dans le viseur un ou plusieurs cadres qui représente le cadrage de votre objectif et un patch permet de superposer deux images afin de faire la mise au point. Cette visée est particulière, certains si font tout de suite et ne jure que par ça, d’autre ne s’y font jamais.

L’avantage de ce type de visée c’est que l’on peut contrôler les éléments « hors cadre » et ainsi anticiper leurs arrivées dans l’image.

La visée télémétrique

La marque Leica est indissociable à la visée télémétrique, rendu populaire par leur gamme des Leica M, qui sont des appareils à objectifs interchangeables. (Mais le prix d’entré d’un leica M est élevé et peut très vite monter).

Leica M3

Une alternative pour essayer un télémétrique à objectifs interchangeable est de ce tourner vers les modèle Nikon, Canon, Bessa ou encore vers les appareils Russes.

Dernière solution pour essayer la visée télémétrique, les petits appareils télémétrique à objectifs fixes beaucoup moins cher que les Leica tel que les canonets.

Appareil télémétrique à objectif fixe.

Mécanique ou électronique

Un gros avantage de l’argentique à mes yeux est que l’on peut se soustraire de l’électronique, donc de soucis en moins. On a juste besoin d’une petite pile bouton pour la mesure de lumière (même si l’on peut faire l’exposition sans, j’en ferai un article). L’appareil mécanique pourra toujours prendre des photos.

Un avantage pour l’électronique est que vous retrouvez tous les automatismes d’un appareil numérique: mise au point, mesure de lumière. J’ai un canon EOS pour mes prestations professionnelles et son avantage est qu’il accepte les objectifs de mon canon numérique.

La cellule intégrée

Les objectifs fabriqués après les années 60 environs disposent d’une cellule intégrée qui permet de mesurer la lumière afin d’exposer correctement votre pellicule. C’est un petit outil très pratique que je vous conseil de prendre en compte lors de votre choix.

Si vous n’êtes pas sur d’aimer l’argentique

Dernière solution pour ceux qui ne sont pas sûr de vouloir s’équiper d’un appareil argentique, le jetable.

Vous aurez ainsi le choix entre le noir et blanc et la couleur, et même un appareil étanche si vous voulez photographiez les sirènes.

Appareil jetable étanche, pour photographier les sirènes et poissons pendant les vacances.

Pour le noir et blanc, la marque Ilford propose un appareil jetables de qualité tout à fait honnête. Vous pouvez même récupérer la pellicule afin de la développer vous même. Je l’ai fait, c’est vraiment simple.

Appareil jetable noir et blanc, vous pourrez développer vous même la pellicule.

Et les objectifs?

Oui mais non, vous n’avez VRAIMENT pas besoin de tout ça.

Selon votre pratique, vous n’utiliserez pas le même objectif. C’est la quel le reflex marque des points puisque l’on peut changer d’objectif.

Pour faire simple dans le choix:

  • pour des photos de tous les jours, on conseil souvent le 50mm (on trouve aussi des 45mm et des 58mm). C’est l’objectif dit standard, celui qui est souvent vendu avec le boitier.
  • pour les photos de ville, d’architecture ou de paysage, on conseil souvent un 24mm ou un 28mm (le 28mm est souvent moins cher que le 24mm)
  • pour du portrait, on conseil souvent un 85mm ou un 135mm. Attention, ces objectifs sont très spécialisés.

Choix final

La première chose à faire avant d’acheter c’est de demander autour de vous si quelqu’un n’a pas un appareil argentique à vous vendre/donner.

Si vous devez tout acheter, je vous conseil un reflex mécanique avec une cellule intégrée pour mesurer la lumière tel que les minolta SRT, les nikon FM, les canon AE1, les olympus, et bien d’autres…

Si vous ne devez prendre qu’un objectif, prenez un 50mm.

Compléter par un 28mm si vous faites souvent des plans plus large comme du paysage. C’est un compagnon idéal en voyages.